Genève, cité de toutes les musiques ?

  • Lettre ouverte à Monsieur Sami Kanaan par Julien Dumarcey

    Que veut dire investir de manière cohérente dans la Culture ?

    Monsieur Kanaan, avant de vous réjouir que le Canton investisse dans la Culture de manière cohérente au travers de cette potentielle Cité de la Musique, il me semble que d’autres actions sont à mener sans tarder.

    Dans un premier temps, le Canton devrait entrer massivement (et non 2.5 millions) dans le financement du Grand Théâtre mais aussi de la Nouvelle Comédie. Là sont les premières priorités.

    Deuxièmement, il est intolérable en 2021 qu'avec 301 millions de budget culturel à la ville de Genève, budget le plus élevé d'Europe voir du monde en proportion de la population communale, que les inégalités soient parmi les plus fortes au monde.

    Troisièmement, que les privés se voient confier les tâches régaliennes de l'Etat et des collectivités publiques est une chose très grave. Il y a une différence entre établir des partenariats publics/privés où le public a le lead et laisser les privés faire la politique culturelle de la ville et du canton.

    Chacun prêche pour sa paroisse car il n'y a aucune vision et politique culturelle qui se tiennent. Aucune vision globale avec la culture du Grand Genève avec lequel on nous rabat les oreilles depuis des années n’a été dessinée sans compter le manque total de transparence au niveau des dépenses publiques dans la Culture. Nous sommes la seule ville où notre opéra et notre orchestre ne publient aucun rapport d'activité alors que leur budget est assuré à plus de 74% par nos impôts. La convention entre le GTG et l'OSR est introuvable alors que son existence est mentionnée dans les deux autres (Convention VdG/GTG et VdG/Canton/OSR).

    Avant d'imaginer un autre mastodonte, une Cité de la Musique qui n'en ai pas une (le département de musique ancienne n'est pas mis en valeur, même pas un musée des instruments alors que plus de 3000 instruments dorment dans les caves du MAH, il faudrait peut-être vous rendre à La Cité de la Musique de Paris ou de Marseille pour voir ce qu'est une vraie Cité de la Musique), il faudrait faire en sorte de stopper et de combler les fossés abyssaux qui ne cessent de s'agrandir depuis quasi 12 ans.

    En tant qu'artiste, j'ai essayé durant 10 ans d'obtenir un rendez-vous avec vous pour essayer de vous présenter des projets et vous rapporter ce que j'ai pu constater sur le terrain. Je n'ai jamais rien obtenu et pourtant, il y a en eu des occasions quand en 2015 je présentais le projet d'opéra en plein air "Prima la Voce" en direct de votre conférence de presse pour la Fête de la Musique. Vous étiez juste à côté de moi. Vous êtes vous intéressé à ce projet qui a réuni des milliers de spectateurs dans le parc des bastions et plus de 140 exécutants locaux sur scène ? NON.

    Vous avez des acteurs locaux qui se donnent pour Genève depuis des années mais nous ne faisons pas partie de votre cercle. Nous ne sommes pas là pour le prestige et la renommée de Genève, mais nous sommes là pour la musique, pour le partage, pour la Culture pour tous et non pas pour parader dans les soirées et les cocktails. Nous sommes nombreux à véhiculer la richesse culturelle genevoise mais nous ne sommes même pas considérés.

    Julien Dumarcey

    Artiste lyrique indépendant

    Comité Référendaire contre CETTE Cité de la Musique

  • NON AU PLQ 30134 – CITÉ DE LA MUSIQUE

    La musique dite « classique » ou pire « savante » est de plus en plus séparée de la population et des autres arts plus « populaires ». La création d’un lieu, en marge du centre-ville, réservé uniquement à cette expression, ne ferait qu’amplifier ce cloisonnement. Or, il est urgent de chercher à la rendre plus accessible et attrayante, notamment en la délocalisant des salles de concerts consacrées pour la faire vivre dans des lieux et des quartiers de vie populaire. Ne créons pas un énième lieu où seuls les privilégiés se sentiront à l’aise ; au contraire, apportons la musique à toutes et tous. 

    Alors que l’on compte 150 organismes musicaux genevois, comment peut-on imaginer une « Cité de la musique » destinée à deux d’entre eux ? La HEM et l’OSR bénéficient déjà de la majorité des subventions, de la meilleure visibilité, et d’autres avantages non négligeables. Il est vrai que la HEM a besoin au plus vite de nouveaux locaux. Mais n’y a-t-il pas suffisamment de bâtiments vides ou désaffectés en ville, à taille humaine, pour accueillir cette école ? Il est prévu d’ailleurs que le financement des locaux et des équipements de la HEM soit du ressort de la Confédération. Doit-on enfin accepter que des privés nous imposent un projet réservé à une petite minorité ? Nous défendons au contraire une société où la diversité culturelle est essentielle et où chacun·e peut s’exprimer comme il-elle l’entend dans des lieux divers et variés.

    Selon les chiffres les plus optimistes, après absorption du coût de construction (300 millions), le coût annuel de fonctionnement de la « Cité » devrait se monter à 13 millions par an. La moitié de cette somme serait à charge des résidents (HEM et OSR) et de la billetterie... et il resterait 6,5 millions à trouver. Le canton a annoncé qu’il ne verserait pas plus de 2,5 millions par an. Les mécènes privés prendront-ils en charge les 4 millions supplémentaires (en réalité, sans doute beaucoup plus d’ailleurs) ? Probablement pas. Il y a donc gros à parier que la Ville devra passer à la caisse en coupant les subventions d’autres activités culturelles, pourtant exclues de ce projet. 

    Outre le Victoria Hall, la Ville de Genève compte plus d’une trentaine de salles de tailles diverses. Certaines nécessiteraient des travaux pour en améliorer l’acoustique ou l’arrière-scène, mais elles constituent une offre potentielle riche, diversifiée et bien répartie sur le territoire. N’est-il pas indécent de constater que des fondations privées puissent débourser 300 millions de francs pour créer un méga-bâtiment dont personne n’a vraiment besoin, alors qu’une grande partie des activités culturelles vit une période extrêmement difficile, tant les aides se font attendre et sont insuffisantes. Si ces fondations pensaient que la culture valait la peine d’être mieux soutenue, elles devraient exiger de leurs mécènes qu’ils paient plus d’impôts et se battre pour mettre sur pied une aide effective aux associations, formations et acteurs·trices indépendants qui font la diversité et la richesse de la vie culturelle genevoise.

    Comité Résistons

  • Réponse aux FAKE NEWS de Monsieur Tornare

    ARBRES Monsieur Tornare colporte des Fake News : il nous parle de quelques bambous à couper.... FAUX ce sont 130 arbres TOUS ADULTES voir centenaires qui sont prévus à l'abattage aux Feuillantines. Dans cette forêt urbaine 40 espèces d'animaux sauvages (mais aucun koala) ont élu domicile. C'est un vrai miracle à l'heure de l'effondrement de la biodiversité.

    La typologie des abattages est la suivante : 

    - 2 dont le diamètre est plus grand que 100 cm 

    - 22 qui ont entre 50 et 100 cm 

    - 45 entre 30 et 50 cm 

    - 61 de 30 cm et moins (dont des massifs d'ifs très rares qui même âgés de 50 ans restent petits car c'est un bois dur qui pousse lentement) 

    En plus de la perte de biodiversité liée à ces abattages, de l'importance de garder tous les arbres existants pour limiter les ilots de chaleur en ville, de données telles que la protection du sol, de purification de l’air, l’équivalent CO2 ne sera retrouvé quand les arbres replantés auront la même grosseur que ceux abattus soit entre 

    - 30 et 50 ans pour des arbres de 30 cm de diamètre 

    - 50 à 80 ans pour des arbres de 50 cm de diamètre

    - 100 à 150 ans pour des arbres de 100cm de diamètre et plus.

    Si on replante à la place des 130 arbres abattus non pas de jeunes brindilles de 2 cm (comme cela se fait par ailleurs) mais des arbres de 5 cm de diamètre (4-8 mètres de haut, 4 à 10 ans) il en faudrait :

    - 213 pour compenser chaque arbre de 100cm de diamètre

    - 153 pour chaque arbre de 80 cm 

    - 80 pour chaque arbre de 50 cm 

    - 42 pour chaque arbre de 30 cm.

    Soit un total de 8000 arbres pour ne compenser que le CO2 capté actuellement ! Les 2 arbres plantés pour 1 abattu proposé en compensation sont donc une opération éhontée de Green Washing.

    Il manque déjà 9.6 km2 d'arbres sur le territoire genevois (et surtout en ville de Genève) pour avoir une couverture arborées suffisante en 2050. Genève fait partie des 13 villes au monde qui aura la plus forte augmentation de températures : on aura des pics de chaleur à 45 degrés l'été à Genève dès 2030 ! A ces températures-là et avec l'évaporation de lac le corps ne pourra plus réguler sa température. Je vous laisse deviner la suite.

    Pour nos personnes âgées, pour nos enfants ne nous trompons pas d'urgence. 

    Chaque jour compte et chaque arbre préservé en ville aussi : 400'000m2 de bureaux et bâtiments vides attendent une réaffectation. La Haute Ecole de Musique aura un nouveau campus ailleurs. 

    En 2021 il est impératif de planter sans relâche et de conserver tous les arbres existants. 

    Béatrice Graf citoyenne, mère de famille, musicienne, prix suisse de musique 2019